La "Neutralité chrétienne" des Témoins de Jéhovah

  

Les Témoins de Jéhovah : Des chrétiens millénaristes, neutres et non-violents

 

 

Les Témoins de Jéhovah (antitrinitarisme) attendent (adventisme) le royaume millénaire (millénarisme) du Christ (messianisme). Ils revêtent donc les caractéristiques des messianistes. Si certains messianistes ont voulu hâter la venue du royaume par des moyens violents, « la tradition non violente est pour le moins aussi ancienne et aussi continue. Son arme est la non-coopération, forme quasi ontologique d’une grève gestionnaire qui peut entamer plus ou moins profondément les dispositifs biologiques, moraux, cultuels ou culturels de l’environnement. (…) Refus du culte ecclésiastique et d’un clergé ministériel, (…) du service militaire, (…) de l’électorat et de l’éligibilité, de l’alcool et du tabac, etc.  Il n’est pas un de ces refus qui ne soit l’envers négatif dont une structure ou un régime positifs entendent constituer l’endroit par la découverte ou la redécouverte d’un mode de vie jugé édénique ou chrétien primitif. »[1]

 

Le messianisme des Témoins de Jéhovah est étroitement associé à leur millénarisme, millénarisme qui « s’accommode très bien de la société capitaliste »[2]. Cependant, ils restent très prudents quant aux sociétés dans lesquelles ils vivent. « Les Témoins de Jéhovah – qui se souviennent des persécutions qu’ils ont subies dans le passé – éprouvent une grande crainte envers la politique (…). »[3]

  

 

La croyance dans « la neutralité chrétienne »

 

Où qu’ils vivent sur la terre, les Témoins de Jéhovah ont adopté aujourd’hui une attitude particulièrement cohérente dans leur conduite vis à vis des gouvernements. Leur credo à ce sujet est : La neutralité chrétienne. Ils se basent sur un passage de l’évangile pour justifier cette position : «  Vous n’êtes pas du monde : c’est moi qui vous ai mis à part du monde et voilà pourquoi le monde vous hait. »[4]

   

D’un autre côté, ils estiment devoir se conduire en citoyens exemplaires selon un autre principe biblique : « Que tout homme soit soumis aux autorités qui exercent le pouvoir. »[5] Ce commandement chrétien émis par Saint Paul est repris par Saint Pierre : « Soyez soumis à toute institution humaine, à cause du Seigneur : soit au roi, en sa qualité de souverain, soit aux gouverneurs, délégués par lui pour punir les malfaiteurs et louer les gens de bien. »[6]

  

La neutralité peut se définir ainsi : «  neutre, adj. (lat. neuter, ni l’un ni l’autre). Qui ne prend fait et cause ni pour l’une ni pour l’autre des parties, soit dans une guerre, soit dans une discussion, soit dans une rivalité ou dans une contestation quelconque. » «  neutralité, n. f. (lat. neutralis, neutre). Etat de celui qui, dans une discussion, une querelle, une guerre, ne prend parti pour aucun des adversaires. Observer, garder la neutralité. »[7]

 

Les Témoins de Jéhovah définissent eux-mêmes leur conception religieuse de la neutralité : « Définition : Etat de ceux qui dans un conflit ne prennent pas position pour l’une ou l’autre des parties en présence. C’est un fait bien établi par l’histoire ancienne comme par l’histoire moderne que dans toutes les nations et en toutes situations les vrais chrétiens se sont efforcés de rester strictement neutres dans les luttes entre factions. Ils n’empêchent personne de participer aux cérémonies patriotiques, de servir dans les forces armées, de soutenir un parti, de se porter candidat à une charge politique ou de voter. Toutefois, en ce qui les concerne, ils se consacrent exclusivement au culte de Jéhovah, le Dieu de la Bible ; ils se sont voués à Dieu sans réserve et ils apportent un soutien total à son Royaume. »[8]

 

Pour illustrer la position de neutralité des premiers chrétiens qu’ils pensent imiter, les Témoins de Jéhovah citent dans La Tour de Garde Ernst Troeltsch: «  En matière de postes publics ou de métiers étaient invariablement rejetés ceux liés de près ou de loin au culte des idoles ou au culte de l’empereur, ceux qui auraient amené les chrétiens à verser le sang ou à prononcer la peine capitale, ou encore ceux qui les auraient exposés à l’immoralité des païens. »[9]

 

Enfin, le principe clé qu’ils se plaisent à rappeler reste celui qui est vraisemblablement le plus connu et le plus cité : « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. »[10] Ainsi, les Témoins de Jéhovah paient scrupuleusement leurs impôts[11] sur la base d’un autre verset biblique sans ambiguïté : « C’est pourquoi il est nécessaire de se soumettre, non seulement par crainte de la colère, mais encore par motif de conscience. C’est encore la raison pour laquelle vous payez des impôts ; ceux qui les perçoivent sont chargés par Dieu de s’appliquer à cet office. Rendez à chacun ce qui lui est dû : l’impôt, les taxes, la crainte, le respect, à chacun ce que vous lui devez.» [12]

   

Mais les Témoins de Jéhovah expliquent que Jésus n’a pas défini par le menu ce qu’étaient les choses de César ou celles de Dieu. Pour eux, tout cas particulier doit donc être examiné en fonction du contexte ou selon leur compréhension de l’ensemble de la Bible. Chaque chrétien Témoin de Jéhovah est donc invité à étudier, à la lumière des principes bibliques, ce que sa conscience lui permet ou non de rendre à César et à trouver  un point d’équilibre en cas d’exigences contraires.

   

Quand des lois humaines semblent contredire la conscience du chrétien, les Témoins de Jéhovah appliquent alors un autre principe apostolique : « Nous devons obéir à Dieu, en sa qualité de chef, plutôt qu’aux hommes. »[13]  Pour expliquer comment « le christianisme apostat composa avec le monde romain, adopta ses fêtes païennes et sa philosophie, et accepta d’accomplir non seulement le service civil, mais aussi le service militaire », La Tour de Garde cite à nouveau Troeltsch : «  À compter du IIIe siècle, la situation se durcit, car les chrétiens deviennent plus nombreux dans les classes supérieures de la société, ainsi que dans les professions les plus en vue, dans l’armée et dans l’administration. Dans plusieurs écrits (non inspirés), des auteurs chrétiens s’insurgent contre pareil engagement. Mais on trouve par ailleurs des tentatives de compromis, sous forme d’arguments visant à apaiser les consciences troublées (...). À l’époque de Constantin, ces difficultés s’aplanissent ; les heurts entre chrétiens et païens cessent, et les chrétiens ont accès à tous les postes de l’État, sans exception. » 

 

Et de condamner ensuite les grandes religions chrétiennes qui auraient abandonné la voie du vrai christianisme primitif: « Vers la fin du IVe siècle, ce christianisme dénaturé par les compromis devient la religion d’État de l’Empire romain. Tout au long de son histoire, la chrétienté, autrement dit l’ensemble des Églises catholiques, orthodoxes et protestantes, n’a cessé de transiger en se mêlant intimement de politique et en apportant son soutien à l’État au cours des guerres. » Tout en se réclamant eux-mêmes de la vérité : «  De nombreux fidèles de ces Églises, choqués par cette attitude, seront certainement heureux d’apprendre qu’il existe de nos jours des chrétiens qui, dans leurs rapports avec l’État, adoptent la position de ceux du Ier siècle. » [14] 

  

Pour les Témoins de Jéhovah, l’État fait encore partie aujourd’hui de ‘la disposition de Dieu’, mais une disposition temporaire dont Dieu permet l’existence et que ceux qui l’adorent doivent reconnaître comme telle. 

  

C’est ainsi que les Témoins de Jéhovah respectent le drapeau du pays dans lequel ils vivent, en se levant par exemple quand il est hissé, mais refusent de le saluer parce que cela reviendrait pour eux à accomplir envers lui un acte d’adoration.

  

Ils obéissent aux pouvoirs en place, mais ne se mêlent pas de leurs affaires politiques, réaffirmant le principe de la soumission volontaire à des ordres légitimes, que ce soit dans le domaine des relations humaines ou dans celui des exigences gouvernementales compatibles avec la loi de Dieu telle qu’ils la comprennent.

  

En ce qui concerne la question du vote, le Collège central des Témoins de Jéhovah a pris une position claire et ce depuis 1951. « Aujourd’hui, dans certains pays, la législature veut rendre tous les citoyens adultes responsables du gouvernement. Pour leur imposer le système démocratique, ils sont astreints par la loi à voter lors des élections nationales. Après s’être fait inscrire, et lorsque vient le jour des élections, ils peuvent aller au lieu de vote et entrer dans les [isoloirs]. C’est là qu’ils sont appelés à remplir leur bulletin ou à inscrire leur position. Les votants font ce qu’ils veulent avec leur bulletin. Ainsi, c’est là, en présence de Dieu, que ses témoins doivent agir conformément à ses commandements et en accord avec leur foi. Ce n’est pas notre responsabilité de leur enseigner ce qu’ils doivent faire avec leur bulletin. Ils doivent agir en accord avec leur conscience éclairée par l’étude de la Parole de Dieu. » [15]

   

En cas de consultation électorale, ni le Bureau national des Témoins de Jéhovah, ni les ministres du culte itinérants qui le représentent, ni les anciens et les diacres des congrégations locales, ne donnent une quelconque consigne de vote.

  

Chaque Témoin de Jéhovah décide en conscience de se rendre ou non au bureau de vote. L’acte de vote ou de non-vote n’entraîne en aucun cas des sanctions de la part des anciens de la congrégation locale, ni ne limite les fonctions que pourrait recevoir le fidèle au sein de sa congrégation. La congrégation locale n’intervient pas dans ces questions qui relèvent de la conscience individuelle et de la vie privée.

   

En France, dans la mesure où l’inscription sur les listes électorales est obligatoire et qu’elle ne contrevient pas à leur principe de neutralité chrétienne, la plupart des Témoins de Jéhovah, comme citoyens français, possèdent leur propre carte d’électeur. Ils votent ou s’abstiennent, selon leur choix strictement personnel.

   

Dès 1886, Charles Russell écrivait dans son livre Le divin Plan des Âges :« Jésus et ses apôtres ne s’opposèrent en aucune manière aux puissants de la terre. (...) Ils enseignèrent à l’Église, qu’elle eût à obéir aux lois et à honorer ceux qui sont au pouvoir, à cause de leurs fonctions, (...) qu’on payât les taxes fixées et qu’on n’opposât aucune résistance aux lois établies (Rom. 13:1-7 ; Matth. 22:21), sauf lorsqu’elles se trouveraient en contradiction avec les lois de Dieu (Act. 4:19 ; 5:29). Le Seigneur Jésus, les apôtres et l’Église primitive furent tous soumis à la loi, mais ils se tinrent à l’écart des gouvernements de ce monde et n’y prirent aucune part. » [16]

   

L’ouvrage expliquait que les ‘autorités supérieures’ mentionnées par l’apôtre Paul sont les autorités gouvernementales humaines. En 1904, le livre La Nouvelle Création déclarait que « les vrais chrétiens seront (...) les plus fidèles à observer la loi à notre époque ; on ne les trouvera, ni parmi les agitateurs, ni chez les querelleurs, ni chez ceux qui critiquent tout. » [17]

   

Mais à cette époque, leur position est loin d’être homogène. Pour certains, cela signifie manifester une soumission totale envers les puissances qui existent, au point d’accepter de servir dans les forces armées pendant la Première Guerre mondiale. Pour d’autres, par contre, le service militaire va à l’encontre de ces paroles de Jésus : «  Tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. »[18] Manifestement, cette question de la soumission chrétienne aux autorités supérieures avait besoin d’être clarifiée. En 1929, alors qu’un certain nombre de gouvernements commencent à édicter des lois qui, selon la théologie jéhovéenne, interdisent des choses que Dieu commande ou exigent d’autres choses que les lois divines interdisent, les Témoins de Jéhovah expliquent que les autorités supérieures doivent être Jéhovah Dieu et Jésus Christ[19].

 

C’est la compréhension qu’ils conservent pendant toute la période critique, avant et pendant la Seconde Guerre mondiale jusque durant la guerre froide, caractérisée par l’équilibre de la terreur et l’état d’alerte militaire permanent. Avec le recul, les Témoins de Jéhovah pensent que cette interprétation les a aidés à conserver une stricte neutralité tout au long de cette période.

 

En 1961, la version anglaise des Saintes Écritures  Traduction du monde nouveau, la Bible des Témoins de Jéhovah, est achevée. Elle indique que l’expression ‘autorités supérieures’ désigne, non l’Autorité suprême, Jéhovah, et son Fils Jésus, mais les autorités gouvernementales humaines. À la fin de 1962, des articles publiés dans l’édition anglaise de La Tour de Garde fournissent une explication de Romains chapitre 13 et apportent des amendements à la compréhension de l’époque de Charles Russell. Ces articles montrent que la soumission chrétienne aux autorités ne peut être totale. Elle doit être relative, ne devant pas placer les serviteurs de Dieu en conflit avec les lois divines[20]. D’autres articles parus ultérieurement dans La Tour de Garde soulignent ce point de doctrine jéhovéen important[21].

   

Cette nouvelle compréhension de Romains chapitre 13 permet aux Témoins de Jéhovah de trouver le point d’équilibre entre le respect dû aux autorités politiques et l’attachement intransigeant à des principes des Évangiles considérés comme essentiels. En effet, les Témoins de Jéhovah professaient auparavant un point de vue intransigeant sur la question des rapports entre leur Eglise et les Etats. Ils pensaient qu’ils ne pouvaient légitimement rien rendre d’autre à César que de l’argent sous la forme d’impôts. Lui donner quoi que ce soit d’autre demandant du temps qu’ils auraient pu employer à des activités liées à leur culte les aurait mis mal à l’aise.

 

Leur point de vue se révise donc. « Il est vrai que nous devons ‘ aimer Jéhovah notre Dieu de tout notre cœur, et de toute notre âme, et de toute notre pensée, et de toute notre force ’, mais Jéhovah accepte aussi que nous passions du temps à des choses autres que notre service sacré (Marc 12:30 ; Philippiens 3:3). C’est ainsi, par exemple, qu’il est conseillé aux chrétiens mariés de réserver du temps pour faire plaisir à leur conjoint. Bien qu’il s’agisse là, pour reprendre les termes de l’apôtre Paul, de “ choses du monde ”, et non de “ choses du Seigneur ”, ces activités n’ont rien de répréhensible. — 1 Corinthiens 7:32-34 ; voir aussi 1 Timothée 5:8.  Par ailleurs, le Christ a autorisé ses disciples à “ rendre ” les impôts. Or, pour cela, il faut nécessairement prendre sur notre temps voué à Jéhovah, puisque c’est toute notre vie que nous lui avons vouée. Dans un pays où le taux de prélèvements obligatoires est en moyenne de 33 % du revenu (il est plus élevé encore dans certains pays), le contribuable moyen verse chaque année au Trésor public l’équivalent de quatre mois de revenu. Autrement dit, quand il partira en retraite, il aura passé une quinzaine d’années de sa vie à gagner l’argent des impôts réclamés par “ César ”. Considérons également la question de la scolarité. Dans la plupart des pays, la loi impose aux parents de faire suivre à leurs enfants un nombre minimum d’années de scolarité, variable d’un pays à l’autre. Cette période est, le plus souvent, relativement longue. Certes, cette scolarité est généralement bénéfique, mais c’est César qui décide du nombre d’années de sa vie qu’un enfant passera obligatoirement à l’école, et les parents chrétiens se plient à cette décision. » [22]

 

Sans revenir sur la croyance en la neutralité chrétienne mise en perspective avec le millénarisme, cette attitude d’ouverture se traduit même dans la question du refus du service militaire par les jeunes appelés Témoins de Jéhovah.

 

 

La croyance dans le règne millénaire du Christ (millénarisme)

 

César exige un service militaire obligatoire. En France, cette obligation a longtemps été appelée l’impôt du sang, puisque tout jeune Français doit être prêt à donner sa vie pour la patrie. Un jeune Témoin de Jéhovah peut-il rendre à César cette forme d’impôt en toute conscience ?

  

Comme à son habitude, le Collège central des Témoins de Jéhovah reprend la question à partir d’une explication de la position du christianisme primitif.  Les premiers chrétiens s’efforcent d’être de bons citoyens, mais leur foi leur interdit de prendre la vie d’autrui ou de sacrifier la leur pour l’État. Et de citer L’Encyclopédie de la religion : «  Les premiers Pères de l’Église, notamment Tertullien et Origène, affirmaient que les chrétiens avaient l’interdiction de prendre une vie humaine, principe qui les empêchait de rallier l’armée romaine. »  Et le professeur Cecil Cadoux, auteur de L’Église primitive et le monde : «  Au moins jusqu’au règne de Marc Aurèle [161-180 de n. è.], aucun chrétien ne devenait soldat après son baptême. » [23]

  

De nouveau, l’explication jéhovéenne attaque sévèrement les grandes religions chrétiennes, pose la question et y répond, non sans la justifier par l’histoire constantinienne: « Pourquoi les membres des Églises de la chrétienté ne suivent-ils plus cette ligne de conduite ? À cause d’un changement radical survenu au IVe siècle. L’ouvrage catholique Histoire des Conciles dit à ce propos : “ Beaucoup de chrétiens (...) avaient eu, sous les empereurs païens, des scrupules religieux à l’égard du service militaire, et refusaient nettement de prendre les armes, ou bien désertaient ; le synode [d’Arles, tenu en 314], en considération des changements introduits par Constantin, formule l’obligation qu’ont les chrétiens de servir à la guerre, (...) parce que l’Église est en paix (in pace) sous un prince ami des chrétiens. » [24]

  

Les Témoins de Jéhovah font donc remonter à cette époque d’inféodation de l’Eglise à l’Empereur de Rome, la coutume demeurée jusqu’à nos jours selon laquelle les ecclésiastiques de la chrétienté encourageraient leurs fidèles à servir dans les armées des nations. Pour eux, il s’agit d’un abandon des enseignements du Christ et, du même coup, l’objection de conscience a été le fait de relativement peu d’individus.

  

« Les chrétiens sont-ils tenus de suivre la voie du plus grand nombre sur cette question ? Non. Si un chrétien voué et baptisé vit dans un pays où l’on accorde l’exemption du service militaire aux ministres religieux, sa qualité de ministre [Les Témoins de Jéhovah croient au sacerdoce universel] l’autorise à profiter de cette disposition (2 Timothée 4:5). Un certain nombre de pays comme les États-Unis et l’Australie ont accordé cette exemption même en temps de guerre. En période de paix, dans beaucoup de pays qui maintiennent un service militaire obligatoire, les Témoins de Jéhovah bénéficient de l’exemption en qualité de ministres religieux. Ils peuvent ainsi continuer à aider autrui par leur service public. »[25] Il s’agit souvent de pays de tradition anglo-saxonne de tendance anglicano-protestante.

  

Si le Témoin de Jéhovah vit dans un pays où il n’existe pas d’exemption pour les ministres religieux, souvent des pays de tendance catholique, le Collège central considère qu’il lui faut alors prendre une décision personnelle en conscience en vertu du principe « car c’est sa propre charge que chacun portera. » [26]

  

En France, quand le service militaire était encore obligatoire, la loi reconnaissait que certains citoyens pouvaient refuser le service militaire pour motif de conscience et des dispositions existaient pour ne pas les forcer à un service militaire que leur conscience réprouvait. Il était prévu un service civil imposé de remplacement, un travail souvent utile à la collectivité. Ce service est considéré comme un service national à caractère non militaire. Là encore, le Collège central laisse à chacun le soin de prendre sa décision personnelle en laissant sa propre conscience parler, à condition que ce service civil ne soit pas lié à une autre religion que la leur ni ne heurte leur conscience d’autre part.

  

Si maintenant l’État réclame d’un Témoin de Jéhovah qu’il effectue pendant une certaine période de temps un service civil qui soit une forme de service national sous administration civile, la même règle s’applique. Le Témoin de Jéhovah confronté à cette question prend lui-même la décision que lui dicte sa conscience éclairée, selon le principe « Tous (...) nous comparaîtrons devant le tribunal de Dieu. »[27] Quelle que soit la décision qu’il prend, c’est sa décision devant Jéhovah Dieu et les anciens et les autres membres de la congrégation doivent respecter pleinement sa conscience et continuer à le considérer comme un bon chrétien. Mais ils respecteront tout autant la décision d’un autre chrétien qui estimera, pour sa part, ne pas pouvoir effectuer ce service civil. Lui aussi sera considéré comme un bon chrétien et recevra un soutien bienveillant.[28]

  

Ainsi, le collège central des Témoins de Jéhovah cherche à trouver le point d’équilibre dans sa relation Eglise/Etat. Il réaffirme son souci du respect de l’ordre public et du désir de voir l’Eglise jéhovéenne constituée de citoyens paisibles et respectueux des lois conformément à la tradition millénariste non-violente reprise et affirmée par le pasteur Russell. Le Collège central rappelle en outre qu’il est même souhaitable de prier ‘ à propos de rois et de tous ceux qui sont haut placés’ quand ces gouvernants sont appelés à prendre des décisions qui peuvent avoir une incidence sur la vie ou l’œuvre chrétiennes des Témoins de Jéhovah [29].

  

Mais, il faut admettre qu’en France, l’intransigeantisme des gouvernements français successifs à l’égard de la position de neutralité chrétienne des Témoins de Jéhovah, et la lenteur de l’évolution de la compréhension des Témoins de Jéhovah eux-mêmes sur ce point d’équilibre à trouver, a provoqué une situation longuement  douloureuse pour de nombreux jeunes fidèles de cette foi chrétienne antitrinitaire.

   

  

Un mouvement chrétien totalement non-violent (pacifisme)

 

D’ailleurs, sous le sous-thème, « L’amour de la paix conduit en prison », le volume pour 1949 de l’encyclopédie Mémorial de notre Temps relate comment l’opinion s’émeut d’une vérité sévère qu’elle ignore : « Moins de cinq ans après la guerre, l’amour de la paix conduit des hommes en prison. A Lille, César Bugany, mineur de fond. A Mulhouse, André Schoenauer, cheminot et, dernier en date, Edmond Schagnence. Trois témoins de Jéhovah. Ils n’ont qu’un seul maître : Dieu… mais les esprits s’insurgent et l’évidence chemine : l’objecteur est un héros de l’Absurde, un Sisyphe. Chaque fois qu’il refuse la caserne ; c’est la prison ; chaque fois qu’il sort de prison, c’est la caserne… et ainsi de suite, jusqu’à l’âge de 50 ans, terme légal des obligations militaires. Pour l’heure, Schoenauer totalise 3 ans de prison et Bugany marche pacifiquement vers sa quatrième année ! » [30]  

 

Le 2 juillet 1957, Léopold Jontès, responsable légal de l’œuvre des Témoins de Jéhovah en France, est cité devant un juge d’instruction. On l’accuse d’inciter les jeunes gens à refuser d’accomplir leur service militaire, accusation susceptible de le mener en prison, lui et les autres responsables composant le Bureau de l’association française qui risque d’ailleurs d’être interdite. L’enquête judiciaire se poursuit en 1957 et 1958.

 

Entre temps et à la suite de la crise engendrée par la guerre d’Algérie, l’état d’urgence est déclaré en France en 1958, et toutes les réunions publiques sont interdites. On craint qu’une junte militaire s’empare du pouvoir. Ayant pris avis des services de sécurité de la police, le ministre de l’Intérieur interdit  la diffusion de La Tour de Garde en France et dans les territoires français. La raison en est que La Tour de Garde inciterait les jeunes hommes à refuser d’accomplir leur service militaire. Mais, le 1er juin, on apprend que le général de Gaulle  accepte de diriger le gouvernement puis de devenir chef de l’État. Son retour au pouvoir inaugure une période de stabilité dont le pays a été privé depuis des dizaines d’années.

  

Aucune loi française n’accordant l’exemption du service militaire aux ministres du culte, quelques jeunes Témoins de Jéhovah sont emprisonnés depuis près de 10 ans. Le général de Gaulle fait libérer ceux qui sont en prison depuis 5 ans et plus. Par la suite, son gouvernement ramène la peine de prison infligée à ces jeunes à deux fois la durée légale du service militaire obligatoire. En clair, si les appelés du contingent effectuent 18 mois de service, les jeunes objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah sont condamnés à trois ans de prison. Le nouveau régime est donc, et de loin, plus libéral que le précédent puisque, jusque-là, un jeune homme emprisonné à l’âge de 20 ans n’avait aucune idée du jour où il serait libéré.

 

C’est dans ce climat que l’affaire Jontès et Témoins de Jéhovah est jugée le 16 février 1959. Léopold Jontès présente une excellente défense et, le 2 mars 1959, l’association est acquittée. Cependant, le procureur de la République interjette appel de ce jugement et l’affaire est présentée à la 11e chambre, le 20 mai 1959. Le 3 juin de la même année, Léopold Jontès reçoit une importante nouvelle d’un avocat parisien qui l’informe que la cour d’appel a rendu son arrêt: non coupable. Cette grande victoire juridique laisse la voie ouverte pour la prédication du message évangélique des Témoins de Jéhovah en France.

 

Mais, le cas des jeunes objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah, même encadré, reste pendant. En fait, il faudra attendre 1995 pour que cette question soit enfin réglée, mais après que des centaines de jeunes Témoins de Jéhovah aient été jetés derrière les barreaux pour des années de prison pour avoir refusé, en conscience, d’effectuer un service national. Entre 1950 et 1992, 7 593 jeunes Témoins de Jéhovah seront condamnés à passer 8 383 années en prison [31]. Et la prévision donnait pour 1994, 843 prisonniers, pour 1995, 914 prisonniers, pour 1996, 972 prisonniers et pour 1997, 975 prisonniers [32].

 

Paradoxalement, à part Amnesty International, aucune grande organisation de droits de l’Homme ni aucun responsable des grandes religions chrétiennes, ne dénoncent durant toute cette longue période d’après-guerre cette situation scandaleuse pour l’image de la France et pour l’Europe.

 

En 1993, le Journal Européen des Droits de l’Homme [33] fait le point de la situation. « L’Europe des Douze compte près de 2000 prisonniers d’opinion parce qu’un certain nombre de ses Etats membres se sont, à ce jour, révélés incapables d’intégrer l’exigence des convictions d’une minorité religieuse dans leur cadre législatif et juridique. Dans son dernier rapport annuel, Amnesty International désigne clairement cette minorité. C’est celle des témoins de Jéhovah, dont des milliers de membres sont régulièrement condamnés à des peines de prison, parce qu’ils refusent d’accomplir leur service militaire et de demander à effectuer un service civil. L’Europe des Douze, qui se targue d’être le porte-drapeau et le défenseur inconditionnel des droits de l’homme dans le monde, compte en permanence des milliers de prisonniers d’opinion – témoins de Jéhovah – et leur nombre ne cesse de s’accroître car ce mouvement religieux est en croissance constante. Le rapport d’Amnesty épingle tout particulièrement deux pays européens : - la France où, en 1992, 700 à 1000 jeunes gens appelés sous les drapeaux ont généralement été condamnés à un an de prison [ferme] ;(et) - la Grèce (…). » [34]

 

Outre la France et la Grèce, ce dernier pays étant réputé comme lanterne rouge des droits de l’Homme dans l’espace communautaire européen, ce dossier spécial pointe du doigt la façon dont les jeunes objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah sont traités durant l’année 1992 en Belgique (80 jeunes Témoins de Jéhovah condamnés à purger trois mois de leur peine en prison) et en Italie (750 à 800 condamnations pénales prononcées et effectivement exécutées). 

 

Enfin, en 1995, une solution est trouvée pour les objecteurs de conscience Témoin de Jéhovah. Ils se verront désormais imposer un service strictement civil de remplacement au service militaire. La solution trouvée permet de satisfaire l’ensemble des parties, sans aucun passe-droit pour les Témoins de Jéhovah. Mais, Jacques Guyard, député engagé dans une croisade antireligieuse, ne se satisfait pas de cet heureux dénouement qui va permettre à des jeunes gens d’être utiles à la société tout en respectant leur conscience. Il interpelle le ministre de la défense dans une Question au gouvernement [35]. « M. Jacques Guyard appelle l’attention de M. le ministre d’Etat, ministre de la défense, sur les agissements des associations coercitives et totalitaires tendant à déstabiliser notre haute administration.( …) Des informations inquiétantes parues dans la presse indiquent qu’une directive de M. le ministre de la défense, applicable à compter du 1er février 1995, permettrait aux jeunes appelés refusant le statut d’objecteur de conscience et se référant à leur appartenance à l’Association des témoins de Jéhovah de bénéficier d’une affectation particulière auprès du ministère des affaires sociales pour y effectuer leur temps réglementaire. Si tel était le cas, il lui demande de bien vouloir lui préciser si ces nouvelles dispositions ne remettent pas en cause l’égalité des citoyens devant la loi. »

 

Il est effroyable de constater qu’un parlementaire de la république française osait utiliser des arguments brandis par les nazis en 1933 contre ce même groupe religieux minoritaire Témoin de Jéhovah. En outre, les accusations utilisées avaient déjà été déboutées en 1959. La réponse du gouvernement à la question est sereine et rassure néanmoins. « Actuellement, les témoins de Jéhovah qui opposent un refus d’obéissance lors de leur incorporation au titre du service militaire, sont déférés devant les tribunaux en application de l’article 447 du code de justice militaire. (…) [La situation actuelle], dans la mesure où elle aboutit inévitablement à l’emprisonnement de ces jeunes gens, porte atteinte au principe d’université du service national. Soucieux du respect de ce principe, le ministre d’Etat, ministre de la défense,  a estimé que, si l’opposition personnelle des témoins de Jéhovah au service des armes pouvait fonder leur refus d’effectuer le service militaire, le développement actuel des formes civiles du service national devait néanmoins leur permettre de se mettre en situation régulière au regard de leurs obligations légales en évitant le recours à des moyens coercitifs. La solution dégagée consiste donc à offrir à ces jeunes le statut d’objecteur de conscience qui leur permet, à l’issue des vingt mois de service prévus par l’article L.2 du code du service national, de se trouver dans une situation régulière à l’égard des obligations du service national. »

 

Le gouvernement précisait enfin que ce dispositif n’avait rien d’exceptionnel mais assurait simplement l’égalité de tous les citoyens devant la loi. « En effet, c’est en leur seule qualité d’objecteur de conscience que les témoins de Jéhovah seront pris en considération par le ministère d’emploi qui, par ailleurs, n’aura pas connaissance de leur appartenance à cette confession. »

 

 Mais le camp laïciste ne désarmait pas et persistait à reprendre les arguments éculés de 1959, arguments pourtant définitivement rejetés par les tribunaux.« Créé en 1963, les textes régissant [le statut d’objecteur de conscience] ont été revus en 1983 pour en abroger les dispositions les plus critiqués. (…) Le jeune qui déclare simplement « son opposition à l’usage personnel des armes pour motif de conscience » est donc affecté au ministère des Affaires sociales pour une durée de 20 mois. La dérive actuelle concerne les témoins de Jéhovah qui revendiquent cette forme par appartenance à une secte alors qu’elle devrait rester une démarche individuelle. »[36]

 

Il faut croire que la polémique se serait poursuivie avec le même acharnement sans la suppression définitive du service militaire obligatoire en France en 1998. En juin 1998, le ministre de la défense met définitivement fin à la question. «  (…) S’agissant de la journée d’appel de préparation à la défense dont le but est d’apporter aux jeunes Français des informations relatives à la défense dans la continuité de l’enseignement dispensé dans les établissements scolaires, sans qu’ils aient à porter l’uniforme ou à manier des armes, l’objection de conscience est [désormais] dénuée de fondement. »

 

Mais les Témoins de Jéhovah resteront pour longtemps marqués par le souvenir de leur détention. Ainsi, en 1999, 50 objecteurs Témoins de Jéhovah se retrouvent à Mauzac pour un week-end du souvenir [37]. « De 1962 à 1966, ils sont plusieurs centaines à être incarcérés après leur refus du service militaire. Ils encouraient de lourdes peines d’emprisonnement, jusqu’à sept ans pendant la guerre d’Algérie. Ces peines seront réduites à trois ans à partir de 1963. Un certain nombre d’entre eux participaient à divers travaux d’intérêt collectif dans la région, notamment la construction de la salle des fêtes de Pressignac, travaux de voirie à Bourzac, vendanges à Thénac…(…) L’ancien maire de Pressignac-Vicq, Jean-0livier Augeyrolle, 85 ans, est là pour témoigner. A. Gousta, maire de Mauzac, se souvient ; ainsi que d’anciens gardiens de prison qui ont été invités au vin d’honneur du samedi midi. Ce fut une journée pleine d’émotion, ponctuée par un repas convivial, une balade en gabare, la visite de l’ancien camp et par de nombreux souvenirs. » Mais, renseignement pris auprès de l’organisateur cité dans l’article en question, Daniel Latouche, l’article oublie une chose: de mentionner qu’il s’agit d’objecteurs de conscience Témoins de Jéhovah. [38]

 

 

Une résistance spirituelle pour la foi en un Dieu unique (unitarisme)

 

Comment Droits de l’Homme sans frontière explique-t-il le silence coupable des organisations internationales, des grandes religions et de la presse sur l’incarcération honteuse de ces jeunes gens par ailleurs exemplaires et respectueux des lois?  « En dépit des qualités d’intégrité et d’honnêteté qui leur sont reconnues, les témoins de Jéhovah dérangent les autorités des Etats-nations quand ils leur disent que leur patrie n’est pas de ce monde – et pourtant, ils se classent parmi les citoyens les plus respectueux des pouvoirs publics. Ils dérangent leurs concitoyens en faisant du porte à porte pour leur annoncer « la bonne nouvelle », telle qu’ils la comprennent. Ils dérangent les Eglises établies – catholiques, orthodoxes et protestantes – auxquelles ils enlèvent des fidèles. Ils dérangent les chantres de la laïcité, qui les trouvent sectaires et étroits d’esprit. Partout, leur message et leurs idées dérangent. »  

  

Il semble que la croyance antitrinitaire des Témoins de Jéhovah et leur revendication d’un Dieu unique, personnel et clairement nommé,  dérange. Leur refus obstiné et leur condamnation du dogme de la Trinité, posé comme fondement formel de la foi par les grandes religions chrétiennes, irritent les responsables religieux. Au point qu’ils préfèrent se taire plutôt que de défendre ces chrétiens si différents d’eux mais chrétiens cependant comme eux, mais issus d’une autre longue tradition.

  

Et pourtant, même le Journal officiel reconnaît dès 1963, le caractère misérable de l’action de la France contre de pauvres jeunes gens qui ont la faiblesse de croire en Dieu et de vouloir absolument et résolument adhérer à cette parole du Christ : celui qui prendra l’épée périra par l’épée. « Nous avons été obligés d’accepter le spectacle douloureux et, à certains égards, scandaleux, d’hommes jetés en prison, non parce qu’ils sont des condamnés de droit commun, mais parce qu’ils opposent à l’application de la loi la protestation de leur conscience religieuse… Parmi les objecteurs de conscience, il y en a certains qui obéissent à des impératifs moraux et religieux. C’est un fait que personne ne peut démentir. »[39]

 

Il est indéniable que les Témoins de Jéhovah, comme chrétiens, appartiennent à une minorité citoyenne non visible. Régis Dericquebourg s’exprime au sujet des groupes religieux minoritaires qu’il étudie depuis une vingtaine d’années [40]. En écho au climat suscité par le rapport de la commission parlementaire paru en 1995 et qui dressait une liste noire des associations classées comme « sectes » [41], il constate : « Face à  des réactions à chaud, il devient difficile de se faire une idée exacte. On cherche à relativiser. Les persécutions contre les sectes ont toujours existé. (…) Les premiers Témoins de Jéhovah américains étaient enduits de goudron et de plumes et expulsés des villes. Quelques milliers de Témoins de Jéhovah allemands ont été victimes du nazisme. »[42] Il explique que néanmoins, les Témoins de Jéhovah ont obtenu en 1995 un service civil qui leur convient. « Ils ne seront plus emprisonnés pour insoumission. »

 


[1]  H. Desroche, Messianisme, L’Histoire du christianisme, Paris, Encyclopaedia Universalis et Albin Michel, 2000, p. 669.

[2] J. Le Goff, Millénarisme, L’Histoire du christianisme, Paris, Encyclopaedia Universalis et Albin Michel, 2000, p. 682.

[3]  M. Introvigne, Les Témoins de Jéhovah, Paris, Montréal, Cerf, Fides, 1990, p. 119.

[4]  TOB, Jean 15,19.

[5]  TOB, Romains 13, 1.

[6]  TOB, 1 Pierre 2, 13,14.

[7]  Dictionnaire encyclopédique Quillet, Paris, Editions Quillet, 1977-1988, volume Lit-No, p. 4559.

[8]  Comment raisonner à partir des Ecritures, WTPE, 1985, pp.263-269.

[9]  Les premiers chrétiens et l’Etat, La Tour de Garde, 1er mai 1996, tiré à part, p. 4.

[10]  TOB, Matthieu 22, 21.

[11]  La Tour de Garde, 1er mai 1996, p. 9 : « Leur conscience éduquée par la Bible (…) autorise donc [les Témoins de Jéhovah] à accéder aux exigences de César (l’État) quand elles sont légitimes. C’est pourquoi, par exemple, ils sont des contribuables exemplaires. En Allemagne, le journal Münchner Merkur a dit d’eux : « Ce sont les contribuables les plus honnêtes et les plus ponctuels de la République fédérale. » En Italie, La Stampa a fait cette remarque au sujet des Témoins de Jéhovah : « Ces gens-là sont les citoyens les plus honnêtes qui se puissent souhaiter : ils ne fraudent pas sur les impôts et ne cherchent pas à se soustraire aux lois qui ne les avantagent pas. » Les serviteurs de Jéhovah agissent ainsi ‘ à cause de leur conscience ’. — Romains 13:5, 6. »

[12]  TOB, Romains 13, 5-7.

[13]  TOB, Actes 5, 29.

[14]  Les premiers chrétiens et l’Etat, La Tour de Garde, 1er mai 1996, tiré à part, p. 5.

[15]  La Tour de Garde, 1er mai 1951, p. 137. 

[16] Dieu et César, La Tour de Garde, 1er mai 1996, p. 13.

[17] Les Témoins de Jéhovah, prédicateurs du Royaume de Dieu, WTPE, 1993, p. 190.

[18] TOB, Matthieu 26, 52.

[19]  La Tour de Garde, août et septembre 1929.

[20]  La Tour de Garde, 15 février, 1er et 15 mars 1963.

[21]  La Tour de Garde, 1er novembre 1990 ; 1er février 1993 ; 1er juillet 1994.

[22] Rendons les choses de César à César, La Tour de Garde, 1er mai 1996, tiré à part, pp. 9, 10. 

[23] Rendons les choses de César à César, La Tour de garde, 1er mai 1996, p. 18.

[24] idem, p. 18.

[25] Rendons les choses de César à César, La Tour de garde, 1er mai 1996, pp. 18, 19.

[26] TOB, Galates 6, 5.

[27] TOB, Romains 14:10.

[28] Rendons les choses de César à César, La Tour de garde, 1er mai 1996, pp. 19, 20. 

[29] TOB, 1 Timothée 2, 1-2 : « Je recommande donc, avant tout, que l’on fasse des demandes, des prières, des supplications, des actions de grâce, pour tous les hommes, pour les rois et tous ceux qui détiennent l’autorité, afin que nous menions une vie calme et paisible en toute piété et dignité. »

[30]  Mémorial de notre Temps, Livre de Paris, Biblio-Club de France, Hachette & Cie, Paris, 1982, vol. année 1949, p. 142.

[31] Droits de l’Homme sans frontières, Journal Européen des Droits de l’Homme, 5eannée, n°4/1993, p.10 : « En 1992, en France, l’Association Cultuelle « Les Témoins de Jéhovah de France » a procédé à un recensement national auprès de ses 1 587 églises locales pour évaluer le nombre de leurs fidèles arrêtés et emprisonnés comme objecteurs depuis 1950. Sur une base de 1 517 réponses, il apparaît que, entre 1950 et 1992, 7 593 témoins de Jéhovah ont été arrêtés, condamnés et emprisonnés pour refus d’obéissance. Le montant cumulé des peines de prison prononcées s’élève à 100 600 mois, soit 8 383 ans. L’étude de Maîtres G. Brouhot et J. Ribette, Huissiers de Justice associés, (…) a dépouillé les résultats du recensement et a dressé un procès-verbal en date du 19 février 1993. »

[32]  Droits de l’Homme sans frontières, Européen des Droits de l’Homme, 5e année, n°4/1993, p. 12.

[33]  W. Fautré, Pour une France sans prisonniers d’opinion, Droits de l’Homme sans frontières, édition spéciale : L’objection de conscience en France, Journal Européen des Droits de l’Homme, 5e année, n°4/1993, pp. 3-31.

[34]  idem, pp.3-4.

[35]  Questions et réponses, Journal Officiel, Assemblée nationale, 8 mai 1995, p. 2401.

[36]  Actualités, L’Enseignement Public, FEN, UNSA, 51e année, n°57, 15 mai 1996, p. 19.

[37]  Trente-cinq ans après, les retrouvailles, SUD OUEST, Dordogne, lundi 23 août 1999.

[38]  J. Tronel, Le camp de Mauzac – 1940-1965 –  Prisonniers d’opinion, préface de Michel A. Rateau, Lambert Imp., Lalinde (Dordogne), à paraître.

[39] Débats, Journal Officiel, Assemblée Nationale, 24 juillet 1963, p. 4466.

[40] R. Dericquebourg, Les Témoins de Jéhovah ; Dynamique d’un Groupe Religieux ; Rapport à l’Institution. Essai de Description Psychosociologique, thèse soutenue à la Sorbonne en 1979. Régis Dericquebourg est aujourd’hui Maître de conférences à l’Université Charles de Gaulle – Lille et membre du Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité (GSRL), Unité de recherche mixte CNRS/EPHE-Sorbonne.

[41] Rapport n°2468, Les Documents d’information, Assemblée nationale, Commission d’enquête, 22 décembre 1995.

[42] R. Dericquebourg, Les résistances aux groupes religieux minoritaires en France, in M. Introvigne et J.Gordon-Melton, (sous la direction de), Le débat sur le rapport de la commission parlementaire, Paris, Dervy, 1996, p. 73.


Référence universitaire pour citer cet article :

- Barbey Ph., La non-violence des Témoins de Jéhovah : "La neutralité chrétienne", Focus sociologique, consulté le [date], http://barbey.jimdo.com/neutralit%C3%A9-chr%C3%A9tienne/.



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